Accueil > Des actions > PATRIMOINE NATUREL > Milieux forestiers > Favoriser une forêt plus naturelle à Egliseneuve d'Entraigues

Favoriser une forêt plus naturelle à Egliseneuve d'Entraigues

le 8 septembre 2017

Le Conservatoire d’Espaces Naturels d’Auvergne et le Syndicat mixte du Parc ont engagé des travaux pour convertir une plantation artificielle d’épicéas en une forêt plus naturelle  sur le bassin versant de la tourbière de Sougeat la Souze...

Sélection des épicéas qui feront l’objet de coupe par les services du Syndicat mixte du Parc - © SMPNRVA (L. Bélenguier)

A Egliseneuve d’Entraigues (63), à proximité du lac Chauvet, le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne et le Syndicat mixte du Parc des Volcans d’Auvergne possèdent ensemble un site de 34 hectares : la tourbière de Sougeat-la-Souze. La richesse écologique de cette tourbière lui a valu d’être intégrée au site Natura 2000 * « Artense » dont le Syndicat mixte du Parc est animateur, et d’être classée en Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope. Cette tourbière est nichée au cœur d’un bassin versant majoritairement boisé et est localisée en tête de bassin versant (les eaux sortant de la tourbière rejoignent la Rhue puis la Dordogne).

Les boisements présents autour de la tourbière sont composés essentiellement d’épicéas, plantés par l’homme dans les années 60. Homogènes, ces plantations sont peu accueillantes pour la biodiversité. Au sein de ces peuplements artificiels, de rares hêtres et sapins sont présents, ainsi que quelques vallons humides issus de sources alimentant la tourbière.

Des travaux ont ainsi été engagés sur les plantations d’épicéas afin d’enclencher une conversion de ces boisements artificiels vers le peuplement naturel qui devrait être présent : la hêtraie-sapinière. En s’appuyant sur les hêtres présents de manière dispersée et les zones humides, les travaux lancés privilégient une transformation progressive. Une approche en douceur qui permet le maintien d’un couvert forestier durant cette phase de transition vers la hêtraie-sapinière, afin de ne pas fragiliser ces milieux et sols sensibles.

En pratique, les travaux ont lieu cet été 2017 (de juillet à septembre), sur une surface de 12 hectares. 5 zones distinctes ont été identifiées au sein de ces 12 ha en fonction du couvert forestier actuel et de la sensibilité des milieux. Sur chacune d’entre elles des travaux adaptés sont mis en œuvre afin de favoriser la régénération naturelle du hêtre et du sapin, tout en intégrant la sensibilité du milieu (notamment les milieux humides).  Globalement, les hêtres et les sapins en place sont maintenus et favorisés. Les chandelles, arbres morts sur pied ou au sol et les rémanents sont laissés sur place.

Les zones humides ne sont pas exploitées et sont matérialisées au préalable pour les préserver de l’impact du passage d’engins. Les secteurs forestiers les plus proches des zones humides et de la tourbière sont exploités par un bucheron. Les arbres sont ensuite évacués par câble pour éviter le tassement des sols dans ces secteurs et la modification des écoulements de l’eau.

De plus, afin de préserver les sols, les travaux sont suspendus lorsque les conditions le nécessitent (pluies, orages, sols humides…).

Ces travaux constituent une opération blanche pour le Conservatoire et le Syndicat mixte du Parc : les produits issus des coupes financent l’opération. Les débouchés identifiés pour les produits issus de l’exploitation sont la production de poteaux, de palettes…

Une fois cette première phase de travaux terminée, des suivis naturalistes sont prévus tous les 3 à 5 ans, pour surveiller la dynamique de la végétation (relevé floristique) et l’apparition naturelle des hêtres et des sapins.

Une opération également menée pour démontrer la faisabilité technique et financière de tels travaux de conversion sur des peuplements artificiels. Cette problématique constitue un enjeu fort sur le territoire du Parc.

Noter cet article : Nombre de votants : 26

Natura 2000 ?

C'est un réseau de site naturel situé en Europe et identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales, et de leurs habitats. L'objectif de la gestion de ces sites est de maintenir - voire de restaurer - dans un bon état de conservation, les espèces et les habitats d’intérêt communautaire en conciliant les usages socio-économiques avec cet objectif.

Un arrêté Préfectoral de Protection de Biotope ?

Les arrêtés préfectoraux de protection de biotope (lieux de vie essentiels à la survie de certaines espèces) ont pour objectif de prévenir, par des mesures réglementaires spécifiques de préservation de leurs biotopes, la disparition d’espèces protégées.